Serge Gainsbourg (Chanteur / Chanteuse)
Serge Gainsbourg
Il est fils de Joseph et Olga Ginzburg -immigrants Juifs de la Russie- ayant fuit la Russie en 1917 devant la Révolution sanglante.
Joseph fut lui meme pianiste dans des bars nocturnes au commencement à Istanbul et par la suite à Paris. En 1927 née Jacqueline Ginzburg soeur ainé de la famille.
Le petit Lulu a cependant failli ne pas voir le jour car sa mère Olga après avoir perdu un fils de seize mois suite à une vilaine pneumonie se retrouva enceinte à nouveau (de Serge !) ne voulant en aucun prix conserver l\'enfant. Sa mère devant les conditions hygièniques effroyables de l\'avortement fit machine arrière et mit au monde Lucien et sa soeur jumelle Liliane. De cette réalité de la vie et par chance du revirement de décision de sa mère à son encontre concernant sa venu au monde Gainsbourg dira plus tard :
"Je suis éternellement sursitaire... en sursis continuels, répétés accumulés...
Tout ce que je vis, je le vis en frôlant des issues inéluctables."
Il dit encore :
"...Mon berceau était si près de mon cercueil que je n\'ai point failli naitre.
Tout ce que je vis de grand -amours et peines- je le vis, en frôlant le dernier abîme."
Education musicale : Partitions classiques
De son origine Gainsbourg aimait à dire :
"Comme Einstein, Chaplin, comme Jesus, je suis Juif. Mais Juif d\'abord, Russe ensuite."
Ils vivent dans un appartement situé rue Chaptal à Paris, rue de petite bourgeoisie. Son père travaillant comme pianiste de "complaisance" la nuit, retrouve le jour sa passion et ses gammes "classiques". C\'est ainsi que Lucien sera bercé dès sa naissance de mélodies et compositions classiques...
Entre autres partitions de Scarlatti, Bach, Chopin, Shumann, ou encore Litzou Rachmaninoff... d\'où l\'influence là aussi qui suivra Gainsbourg tout au long de sa carrière pour des compositeurs tel que Chopin qui je crois était celui qui le touchait le plus...
Lulu & Fréhel, la rencontre
1938 : Lucien fête ses dix ans et les Ginzburg se pressent afin de tenter de voir la grande Fréhel -chanteuse de music hall de la rue- vivant à deux pas de chez eux "chanteuse avant gardiste de PIAF, une de ses chansons les plus connues se nomme "La Java Bleue"... Le petit Lucien cette année là a alors la chance de l\'approcher un jour à la sortie de l\'école et de se faire payer par la très renommée chanteuse un diabolo grenadine dans un café ou Celine, Marcel Aymé et le peintre Gen Pol étaient sous l\'Occupation de fidèles clients...
Fréhel a fini sa vie dans l\'alcool et les drogues dans la plus grande indifférence elle chantait l\'amour décu, la prostitution, la drogue...
Bien plus tard suite au hasard de cette rencontre, Gainsbourg reprendra les mêmes thèmes mélancoliques et s\'en influencera quant au style et la veine de la plupart de ses chansons.
En attendant Lucien est élevé "au grain" -gammes et partitions classiques- et son père n\'a de cesse de lui apprendre le piano et le solfège d\'une facon extremment rigide et rigoureuse qui lui coutera quelques larmes mais qui font que Lucien crèvera un jour sa chrysalide et deviendra Serge...
Malgré la rigidité chez lui, Lucien connait ses deux et inséparables poisons : rencontre avec la première cigarette en 1939 pendant qu\'éclate la guerre subrepticement...son deuxième ? les Filles...mais sous l\'aspect purement platonique !
Quelques paroles de Fréhel :
"La Coco"
L\'orchestre jouait Un brillant tango
Dans ses bras il tenait sa belle
Moi sur la table
J\'ai pris un couteau
Et ma vengeance fut cruelle
Oui j\'étais grise
J\'ai fait une bêtise
J\'ai tué mon gigolo
Devant les copines
Comme une coquine
Dans l\'coeur J\'y ai mis mon couteau
Donnez moi de la coco
Pour troubler mon cerveau
L\'esprit s\'envole
Vers le seigneur
Mon amant de coeur
M\'a rendue folle
L\'étoile jaune
Il connait aussi alors le fameux port obligatoire à cette époque et qu\'il porte fièrement : l\'Etoile Jaune...
Un jour que sa mère discute les prix de quelques lègumes : un milicien s\'avance et l\'interpelle lui faisant savoir qu\'elle ne porte pas son étoile et qu\'elle a l\'obligation de le faire.... Lucien bondit s\'interposant et dit ceci à sa mère :
"-Maman, il faut que ton étoile brille, tu m\'entends !, comme une soeur du ciel !"
Malgré une scolarité sans difficultés, Lucien quittera le collège sous les reproches incessants que ses professeurs lui adresse sous le joug de l\'occupation peut etre dûent justement à un physique caricatural au possible de l\'interpretation juive...
Il s\'inscrit à l\'Académie Montmartre pour apprendre l\'Art pictural.
Par la suite Joseph GINSBURG envoit sa petite famille du côté de Limoge afin de les protéger jusque 1944 où Lucien et sa famille peuvent revenir sur Paris et vit enfin une jeunesse plus paisible...
L\'Amorce de la Peinture
1945 : Il s\'inscrit à dix sept ans, au Cours de la grande Chaumière et amorce une passion qui n\'aboutira jamais LA PEINTURE...
Gainsbourg encore " Lucien" s\'esquintera à trouver et à acquérir son propre style en peinture jusqu\'en 1960 où il rendra son tablier... et ses pinceaux.
Il résumera cette période et son échec cuisant en accouchant de cette sublime phrase :
"La vie est un hasard contraire aux destinées..."
Il dira aussi une phrase plus amère et empreinte d\'une incroyable nostalgie et de ce qu\'il vouait à la peinture...:
"Un métier, un art qui me donnait un équilibre que je ne trouve pas dans la chanson. Figuratif, cubisme, surréalisme. A la Maturité, j\'ai abandonné mes tubes et mes pinceaux puis détruit toutes mes toiles..."
De 1960 à 1991
"Si je veux réussir, il faut que je choque les gens"
Les années qui précèdent 1960 sont pour Gainsbourg de rudes années et pour se payer ses croissants crème il apprend le dessin aux enfants et se spécialise dans la colorisation de photos en noir et blanc destinées à la présentation des films dans les salles de cinéma.
Il découvre le jazz grâce à l\'apparition du micro-sillon ceux qu\'il aime : Art Tatum, Thélonious Monk et puis style be-bop : des pointures comme Dizzy Gillespie, Art Blakey et Charlie Parker. Gros faible aussi pour Django Reinhardt inclassable manouche et essentiellement Billie Holiday qui l\'émeut au plus haut point.
En fait Lucien commence à composer dès 1954 date cruciale car création de la chanson "Les Amours perdues" - chanson qu\'il offrira à Juliette Gréco.
1955 : Il prend le relais de son père en tant que pianiste au Touquet précisemment au "Club de la foret"...
1958 : il trouve une place de pianiste au "Milord l\'Arsouille", un cabaret à la mode. Il décide de s\'appeler Gainsbourg en honneur-nostalgie au peintre anglais Gainsborough il accompagne Michèle Arnaud, très timide derrière son piano.
Un soir se pointe Boris Vian pour lui c\'est la révélation le côté dandy et provocateur l\'enthousiaste incroyablement ! Il réalise là qu\'il a peut être à faire dans la chanson cet art mineur comme il disait...
Tout doucement il finit par percer sous deux camps divisés en opinion à son encontre : les séduits et les révulsés... Révulsés bien entendu par son physique dans une époque où l\'on ne misait que sur la beauté.
Gainsbourg chante le cynisme, la misogynie, l\'arrogance mais sous son air timide il intrigue les gens et surtout la gente féminine.
Le producteur Denis Bourgeois réalise qu\'il est face à un nouveau style et un nouveau charisme ainsi quelques semaines plus tard Gainsbourg se retrouve en studio pour la naissance de son premier disque "Du chant à la Une !..." critiqué tout zazimut, seul Vian défend son compère et son originalité.
Malgré tout une chanson se détache très nettement de cet album "Le poinconneur des lilas" qui sera repris par les Frères Jacques, Jean claude Pascal et Hugues Aufray.
1959 : Vian meurt et il publie en son hommage sa pochette : on voit Gainsbourg en costume, cravate et pistolet : son deuxième vingt-cinq centimètre :
"Du claqueur de doigts, je dirai qu\'il sévit devant les juke box d\'ici et d\'ailleurs, de l\'Amour à la Papa, que cela ne m\'intéresse pas, d\'Indifférente, qu\'il s\'agit d\'un mauvais joueur et d\'Adieu créature, d\'un tricheur. Quant à la Nuit d\'Octobre je n\'en rendrai compte qu\'à Musset et je sais qu\'il me pardonnera."
Fiasco complet sur ce disque Gainsbourg a du mal en tant qu\'interprête par contre côté auteur il cartonne. Gréco (chante Gainsbourg), Clay (Lily taches de rousseur), Pia Colombo (Défense d\'afficher) le chante.
1960 : Gainsbourg se lance dans les musiques de film Cha Cha Cha du loup -thème de "Les loups dans la bergerie" publié en 45t
1961: Il sort l\'Etonnant Serge Gainsbourg avec de grandes références litéraires : Hugo (Chanson de Maglia), Arvert (le sonnet d\'Arvert), Nerval (le Rock de Nerval), Prévert (La chanson de Prévert). Cette dernière chanson obtint un succès retentissant et Michèle Arnaud, Isabelle Aubret, Gloria Lasso, Cora Vaucaire se précipitent pour la reprendre !
1962 : Nouvel hommage à Boris Vian avec un quatrième album Serge Gainsbourg contenant intoxicated Man (référence directe à "Je bois" de Vian). Parution EP de la Javanaise. Composition de l\'Accordéon pour Juliette Gréco alors qu\'un groupe de rock de série B reprennent pour la première fois un de ses titres : Quand tu t\'y mets.
1963: Parution de l\'album Confidentiel. Gainsbourg cependant doute... voila qu\'un nouveau phénomène musical apparait s\'appelant "Rock\'n\'roll".
"Quand les groupes rock francais sont arrivés, je n\'étais pas brillant. C\'est France Gall qui m\'a sauvé la vie car j\'étais vraiment en perdition en 63-64 avec tous ces jeunes. Annie aime les sucettes est une grande chanson, osée pour l\'époque. Par la suite, elle l\'a reniée. Pauvre petite France Gall ! Et quand on lui a demandé pourquoi elle ne la chantait plus, elle a eu un mot superbe... Elle a répondu que ce n\'était plus de son age.
Moi je ne regrette pas cette partie de ma vie. Du coup j\'existe toujours. Un peu après, en 66 j\'ai fait Docteur Jekyll et Mr Hyde qu\'on a mis en boïte à Londres, d\'où la sonorité."
1964 : Sorti de Gainsbourg Percussion dernier plaisir exotico-jazzy préfigurant l\'explosion afro-beat des années 70. L\'ancien pianiste du Milord l\'Arsouille va en effet enterrer les "yéyés" sur leur propre terrain.
Maître Chanteur ...
Durant toutes ces années à la suite des tas de chanteurs se disputeront ces chansons Régine "Les Petits Papiers", Petula Clark "Les Incorruptibles", Michèle Torr, Dalida, Marianne Faithfull, Mireille Darc, Jean Claude Brialy et Anna Karina (dans la comédie musicale Anna) Claude Francois "Hip ! Hip ! Hurrah"
1968 : Il sort un album de compilations avec Brigitte Bardot sur lequel figure un unique duo "Bonnie and Clyde" créé lors d\'un show télévisé le 31.12.67.
68 toujours, sorti d\'un second album Initials BB premier album rock de Gainsbourg. Pendant que Bardot s\'épuise sur les ondes avec son Harley Davidson, que Moreno reprend Desperado primitivement prévu pour Mireille Mathieu, Serge tranquille chante l\'Herbe tendreavec son compère Michel Simon (BO du film "Ce sacré grand père" et croise le chemin de Gabin pour la musique du film "Le pacha" (BO : Requiem pour un c..)
1969 : Année érotique avec Birkin Jane et parution du fameux disque "Je t\'aime moi non plus" Titre que Gainsbourg fera retirer lui meme en décembre (après les interdictions en Italie, en Suède, en Espagne ou encore au Brésil) pour le remplacer par "La chanson de Slogan"
1971: Gainsbourg est au sommet de sa carrière il est aussi connu que les Beatles et devient le plus gros exportateur mondial de chansons. On ne peut plus rien lui refuser. Aussi, quand au terme d\'une année sabbatique (côté disques, s\'entend) il décide de se lancer dans l\'aventure de Melody Nelson, bénéficie t il du soutien total de sa compagnie phonographique. L\'album tourne entièrement autour de Jane Birkin sur des arrangements de Jean Claude Vannier énorme succès en .
1972: unique single "La Décadanse". Pendant ce temps il fignole la nouvelle revue de Zizi Jeanmmaire au Casino de Paris.
1973 : Parution de son album "Vu de l\'extérieur"et dans le meme temps sortie de celui de Jane Birkin "Di doo dah"
1975 : Nouveau concept album "Rock around the Bunker". Accueil mitigé. Sa provocation sur l\'ironie face au nazisme en gêne plus d\'un. Il concrétise pendant ce temps un vieux rêve en réalisant son premier film "Je T\'aime moi non plus".
1976 : "L\'homme à la tête de chou". Certainement un des plus bels albums que Gainsbourg ait fait.
Il signe la nouveauté du talk over.
Donna Summer livre une version de seize minutes de "Je t\'aime moi non plus" et le groupe Starshooter réinjecte quelques vitamines à l\'increvable "Poinconneur des lilasé pour fêter les 20 ans de carrière de Serge.
1979 Serge surprend tout le monde en reprenant "Aux armes etc"... il a filé en Jamaïque et a enregistré avec le gratin de Kingston. Tabac sans précédent et Gainsbourg reprend la scène pour la première fois depuis 15 ans. Accompagné du groupe Bijou puis avec ses musiciens rastas pour un concert au Palace.
1980 : le double album du Palace sort en cette année. Pendant ce temps il fait un autre album avec Dutronc "Guerre et pets" et interprête "Dieu est un fumeur" de Havanes avec C. Deneuve.
1981 : Un album entier est dédié à la belle Deneuve "Souviens toi de m\'oublier" Il retourne au reggae avec "Mauvaises nouvelles des Etoiles" ou apparaît pour la première fois le fameux Gainsbarre.
Trois albums interprètes : Bashung, Birkin, Adjani + un deuxième film "Equateur".
1984 : "Love on the Beat" enregistré à New York sa plus grosse vente.
1986 : Gainsbourg live reflet fidèle de ses concerts du mois de septembre précédent au Casino de Paris. Sorti d\'un disque avec son ami Eddy Mitchel "Vieille canaille" sur fond jazzy. L\'été il entame le tournage de "Charlotte for ever" avec sa fille dédié à son attention.
1987 : "You\'re Under Arrest" (titre piqué à un disque de Miles Davis) accompagné de musiciens new yorkais de Love on the Beat. Gainsbourg choisit cette fois le style Bronx-rap reprenant en prime "Mon Légionnaire" masculinisé à outrance et sur les memes sillons se livre à un ton moralisateur antidrogue "Aux enfants de la chance".
Gainsbourg surgit là ou on ne l\'attend pas...
1989 : Grave problème cardiaque et ablation d\'une partie du foie.
Pêle mêle :
1990 : "Made in China" pour Bambou, la mère de son fils Lucien puis "Variation sur le même t\'aime" pour Vanessa Paradis, "White and Black Blues" pour Joelle Ursull et signe le sublime "Amour des feintes" pour Birkin. Puis dernier film "Stan the flasher"
1991 : mois de Mars... Extinction de Gainsbourg et de sa dernière cigarette.... bientot c\'est l\'été et Gainsbourg cette fois n\'est pas au rendez vous je veux parler du Touquet là où tout démarra. Il venait tous les ans là bas comme en pelerinage prevue et avait conservé toute la modestie avec laquelle il débuta.
"Une fois il est venu avec Jane et deux petites filles en Rolls, accompagnées de la nurse. raconte la fille du restaurateur du lieu...
Il était descendu au Wesminster.
Jane traversait les cent mètres qui nous séparent de l\'hotel au Club de la Foret -aujourd\'hui le Flavio -à pieds nus..."
Source : www.tetedechou.com


